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Vaujours, terre agricole

Du latin « Vallis Jocosa » : « vallée de la joie », Vaujours a su conserver, au fil des ans, son esprit vil¬lage, qui était autrefois entouré de bois, de champs et de vignes. Au détour des rues, se dessinent ici et là les vestiges d’une activité agricole forte. Aux 17e et 18e siècles, l’activité principale du village est celle de la culture des fruits.

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Certaines familles comme les Guilleminault seront même marchands fruitiers de père en fils. D’autres se spécialiseront dans la vigne. A Vaujours, la surface consacrée au vignoble sera toujours modeste si on la compare à celle de plantée chez ses voisins proches. En 1782, il y a un peu plus de 6 hectares soit 2,33% des terres cultivées et prairies réunies. Montfermeil fait quant à lui image de chef de fil avec ses 68%. Vers 1850, la production de la vigne commence à cesser, elle qui avait fait vivre de nombreuses familles depuis plus de dix siècles. Les conditions climatiques comme les épouvantables gelées et les maladies comme le mildiou ou l’oïdium poussent les vigne¬rons vers d’autres productions.

Aussi, l’apparition et le développement rapide du chemin de fer amène la concurrence des vins du midi de la France, dont les prix sont très compétitifs pour une qualité comparable. Mais pas seule¬ment… La présence de la Poudrerie et de la Société des Plâtriers du bassin de Paris assistent à la décrépitude des derniers toits de chaume. Ainsi, les cultures fruitières et vigneronnes ne représentent bientôt plus qu’une faible partie de l’activité des localités voisines de Paris. L’industrie occupe la plus grande partie de la population qui augmente d’autant plus rapidement que la capitale est proche. Vaujours, avec ses 1449 habitants en 1899, est encore un bourg de l’ancienne France mais dont les traditions paysannes tendent à disparaître.

En effet, le commerce de la paille qui débuta aux alen¬tours de 1850, suite au phylloxera qui a mis en péril la culture des vignes, s’éteindra dans les années 1930. A égale distance entre les riches plaines de la Brie où l’on produisait la paille et de Paris où elle était très utilisée, ce commerce prit un essor considérable à Vaujours. Leur travail consistait à récolter la paille et à en négocier la vente pour le fourrage et la litière des animaux. Ce commerce était lucratif et une expression valjovienne d’alors disait « riche comme un pailleux ».