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Histoire & patrimoine

Du latin « Vallis Jocosa » signifiant « vallée de la joie », Vaujours d’hier, a su garder le charme du village tout en se modernisant.


La ville est bâtie sur le flanc du coteau qui domine la plaine de France et lui donne ainsi son aspect verdoyant. Elle est caractérisée par un patrimoine vert remarquable : le bois de Bernouille, le bois de la Couronne, le parc de la Poudrerie et la forêt régionale de Bondy.

Ses habitants sont appelés les Valjovien(ne)s.

Vaujours d’hier

Ce village est ancien, puisqu’il est cité dans des documents antérieurs au IXème siècle. Dans les archives du XIIème siècle, il se nomme Vallis Jost et Vaujoi (val de jost ou val de la joie). Les habitants étaient appelés les Valjocien(ne)s.

Vers 1100, cette terre appartenait à Etienne de Senlis. Il en fit don à l’abbaye Saint Victor de Paris.

Henri IV a été le propriétaire d’un pavillon de chasse situé dans une clairière, au flanc de la colline « Montauban » (rasé pour l’exploitation d’une carrière). Seul son nom y sera laissé au lieu dit et au lotissement du « Vert-Galant ».

Près des parcs, dont les allées se rejoignent au canal de l’Ourcq, de belles demeures bourgeoises de style Napoléon III y sont bâties. Celles-ci ont été démolies peu après la guerre.

De 1850-1860 jusqu’au début du XXème siècle, Vaujours était le village des « pailleux », la paille fut l’une des premières sources économiques. Les « pailleux » négociaient la paille mais également le fourrage et la litière. D’autres activités traditionnelles étaient pratiquées comme les vignes et les fruits. Ce village à forte dominante agricole, présente de nombreuses fermes dont il reste encore quelques « vestiges » : rue Alexandre Boucher et rue de l’église.

Mairie de Vaujours

La Mairie fut construite en 1880 et a succédé à la « vieille » mairie-école de la rue de Coubron. Son architecture à la fois élégante et majestueuse porte le cachet du XIXème siècle. Elle accueille les Valjoviens pour leurs démarches administratives.

Eglise Saint Nicolas

Vieille de plus de 200 ans, la première pierre de l’Eglise Saint-Nicolas fut posée par le baron Armand Jean Philippe de Maistre le 7 juin 1769. Enduite de plâtre provenant des carrières de gypse, l’Eglise n’a changé d’aspect qu’après son bicentenaire en 1969, année où son enduit fut enlevé et non remplacé.

Etablissement scolaire Fénelon

Autrefois, l’ensemble scolaire Fénelon était un château considéré comme une « propriété de campagne ». En 1841, son propriétaire le loue pour une somme modique à l’Abbé Dubeau, curé de la paroisse qui souhaite accueillir les enfants pauvres et abandonnés de la région parisienne. C’est ainsi que l’Abbé fonda la Société Fénelon et qu’à partir de 1845, l’établissement devint un véritable pensionnat accueillant 70 enfants. En 1849, Fénelon ouvre ses portes aux enfants « différents » et contribue à favoriser l’intégration des sourds-muets dans la société. Cette action sera récompensée en 1852 par l’autorité publique et permettra à l’établissement d’obtenir le statut « d’établissement d’utilité publique ». En 1853, l’association devient propriétaire des lieux et obtient, lors de l’exposition universelle de Londres en 1862, la Médaille d’honneur pour l’enseignement dispensé par l’asile-école et la qualité de l’école d’apprentissage. C’est en 1875, que l’asile-école devient l’école Fénelon. Dès lors, les Frères des Écoles Chrétiennes réaliseront de nombreux travaux comme l’élévation du bâtiment Davillier. A la fin du XIXème siècle, une souscription est lancée pour financer la construction d’un bâtiment permettant d’accueillir des apprentis au sein d’une section professionnelle horticole. La Loi de séparation des Eglises et de l’Etat de 1905, imposa aux Frères de quitter les lieux. Dès lors, un laïc dirigea l’école et recruta une équipe pour compenser leur départ. Toutefois, les résultats des examens demeurèrent brillants et l’école obtint en 1912, le Prix Monthyon décerné par l’Académie Française.

Parc forestier de la Poudrerie impériale de Sevran-Livry

La Poudrerie fut créée à la suite du décret du 27 décembre 1865 signé par l’empereur Napoléon III. La Guerre de 1870 interrompit sa construction qui s’achèvera finalement en 1873. Il s’agit de la première usine à utiliser l’innovation de l’ingénieur Gustave Maurouard : la force motrice de machines à vapeur par la carbonisation du bois. Située loin des habitations, dans un parc forestier des communes de Sevran, Livry-Gargan et Vaujours, la Poudrerie fut installée stratégiquement près du canal de l’Ourcq et de la voie ferrée pour faciliter l’acheminement des matériaux. Durant la Seconde Guerre mondiale, la Poudrerie connu sa plus haute production de poudres et d’explosifs à usage militaire. Puis elle se reconvertit dans les poudres pour la chasse ou encore les poudres à propulsion de la fusée Ariane. Le site industriel employa de nombreux ouvriers Valjoviens et contribua à accroître la population du village. La Poudrerie cessa définitivement toute activité en 1973 pour devenir un espace vert d’une superficie de 137 hectares. La mobilisation d’anciens poudriers a malgré tout permis de préserver la mémoire du site, de conserver une trentaine de bâtiments et de créer un Musée des poudres. Le parc forestier de la Poudrerie offre ainsi aux visiteurs un espace naturel de détente, de loisirs, de pratique sportive et de découverte.

Le blason

Fait curieux, la commune de Vaujours n’avait pas de blason. C’est en 1965 que furent établies des armoiries officielles de la ville de Vaujours.

Le blason est « d’azur à la bande bretessée et contre bretessée d’or : au chef de même, chargé d’un rai d’escarboucle fleurdelisé d’azur ».

Ornements extérieurs : l’écu timbré de la couronne murale à trois tours crénelées d’or, maçonnée de sable, est soutenue en pointe par un foudre d’or enflammé de gueules, de celles-ci jaillissent trois fleurs de soucis, tigées et feuillées.

Symbolique de la composition : la terre de Vaujours appartenait à l’Abbaye de Saint-Victor de Paris dont les armes (l’escarboucle) sont reproduites en chef de l’écu ; plus tard, ces terres devinrent la propriété de la famille Scarron (conseiller au parlement au XVII ème siècle), dont l’arme, la bande bretessée et contre bretessée, figure sur la partie inférieure du blason.

Le château de Vaujours (aujourd’hui école de Fénelon) devient la propriété de la famille de Maistre qui portait dans ses armes trois fleurs de soucis, reprises pour l’ornement extérieur. Enfin, la poudrerie de Sevran est évoquée par la foudre, symbole que portaient les officiers des Poudres.